17/09/2026 20h du soir.
Je rentre de la rencontre parents-profs et l’héritière attire mon attention sur une petite forme qui s’agit sur la chaussée.
Un rat? Un rat sans queue? Trop petit.
Un trop petit rat sans queue?
Un choupisson!
C’est un vrai mot.
Encore un qui n’avait pas eu l’instruction adéquate de ses parents ne traverser cette rue sous aucun prétexte. Il n’y a aucune moyen pour une voiture de l’éviter si tant est que le conducteur (qui est une conductrice à la fin de mon histoire mais je ne le savais pas encore) voit qu’il va commettre un écrabouillage. Faire barage de mon corps, tel l’étudiant de la place Tian’anmen, ne me semble pas un choix d’avenir et en voyant la lumière des phares d’un véhicule je fais le pari fou que faire signe pour avoir le temps de procéder à une exfiltration.
L’automobile ralentit et s’immobilise. J’encourage la bestiole à se casser au plus vite avec mon pied.
Je garde mon pied mais en fait je pousse doucement l’animal…qui se sent agressé et se met en boule. Un choupisson ça roule très mal mais j’arrive à le dégager du trajet de la voiture. Je fais signe à l’automobiliste d’avancer qui le fait prudement. Je vois alors que c’est UNE automobiliste. Je lui fais un pouce en l’air pour lui dire que ça va, elle me fait un signe en retour et s’en va.
Ce moment de communion humaine pour sauver une vie qui ne nous importait pas me donne foi dans l’avenir et j’ai envie de faire partie de ce groupe de vivants. Je me dis que Gaza ne peut pas être un problème vraiment plus complexe que celui que j’ai résolu dans la panique.
En attendant j’ai une casquette que je ne sais pas comment désinfecter.